Pour d'aimables ensans on ne saurait trop faire ;
Mais que, pour un sot fils, un imbécille père
Se déchire le sein, se prive de son sang,
Cet homme est, à mes yeux, moins bon qu'extravagant.
Un pieux pélican voyait avec tristesse
Ses tendres nourrissons languissants de faiblesse.
Pour conserver leurs jours il se saignait le cœur.
« J'admire ta bonté, mais je plains ton erreur.
Lui dit un aigle ; Vois, dans ta tendre démence
A d'indignes coucous tu donnes l'existence. »
En effet, le coucou glacé, mais prévoyant,
Avait mêlé ses œufs aux œufs du pélican.
Ces sinistres oiseaux méritaient-ils la peine
Qu'un étranger, pour eux s'entr'ouvrît une veine ?